|
|
|
Axe 1:
Nouveaux états électroniques
de la matière
|
L’étude des nouveaux
matériaux aux
propriétés électroniques remarquables constitue un
thème majeur de l’activité
de notre laboratoire et de ma propre
recherche. L’enjeu est non seulement d’ordre fondamental, mais encore
stratégique sur le plan des applications.
Les interactions coulombiennes sont
à
l’origine de fortes corrélations qui peuvent faire basculer ces
systèmes d’un
état isolant vers un état conducteur. Les
caractéristiques de cette transition
dépendent de façon significative de la (basse) dimension
du matériau (film,
fil), de la concentration des porteurs de charge, du désordre -
qui est inhérent à ces matériaux. Elle
présente en
outre des particularités étonnantes telles le fait que
l’on peut induire de
façon contrôlée le passage isolant-conducteur dans
une région prédéfinie et
limitée de l’échantillon ou encore que le
composé s’avère être d’autant
plus performant sur le plan des propriétés de conduction
à basse température
qu’il se comporte comme un mauvais métal
à température ambiante.
La compétition entre l’état
isolant et
l’état conducteur peut également donner naissance
à une large palette de
nouvelles phases magnétiques (par exemple liquides de spins),
orbitales (par
exemple courants orbitaux) sans oublier supraconductrices (avec des
symétries
« non standard »).
Mon activité théorique dans
ce domaine a
trait à l’étude des propriétés
magnétiques et de transport des systèmes
corrélés en dimension deux (films) et un (fil). Elle
présente, depuis 2005, deux
évolutions majeures. La première, est la prise en compte
de la structure
moléculaire des oxydes : aspect fort débattu aux
premiers temps des études
théoriques sur les supraconducteurs à haute
température critique, cet
ingrédient a été progressivement laissé de
côté dans les modélisations, car il
n’apparaissait pas crucial. Sur la base de développements
expérimentaux, nous
avons été amené à revenir sur cette
question et à montrer que cette structure a
un impact significatif sur les propriétés des oxydes. La
seconde est, depuis
2006, une ouverture forte en direction de la modélisation
d’oxydes pouvant être
utilisés dans des composants électroniques de nouvelle
génération (j’ai proposé
le terme « oxytronique » pour caractériser
cette activité). Il s’agit
non seulement d’apprécier quels ingrédients pertinents
permettent de décrire et
d’expliquer la conduction dans ces systèmes mais
également de proposer des
dispositifs électroniques (par exemple des commutateurs
résistifs).
Ces activités s’appuient sur des
collaborations locales et internationales et sur l’encadrement de
thésards.
L’étude des composés d’oxydes de cuivre s’effectue en
partenariat avec des membres des
équipes expérimentales RMN, Supraconductivité
et théoricienne Théorie1, au sein
du LPS (H. Alloul, J.
Bobroff, P. Mendels, N. Laflorencie, C. Pasquier, H. Raffy),
avec le département de physique de
l’Université
de Floride (P. Hirschfeld)
et de l’Université de Genève
(T.
Giamarchi). Elle a
donné lieu aux travaux de thèse d’E. Semel
(soutenue
le 02-12-05) et de P. Chudzinski
(soutenue le 21-10-08). L’oxytronique, elle, est
développée en
collaboration avec deux
équipes expérimentales, l’une à
l’Université de Genève (J-M.
Triscone) et
l’autre à l’Université d’Augsbourg
(J.
Mannhart). En outre,
l'attribution en 2008 d'une ANR "oxitronics" amorce
l’établissement d’un partenariat avec des théoriciens du
LPS (M.
Rozenberg) avec le groupe STEM au LPS, l'UMR de physique CNRS/Thales,
l'ESPCI, le laboratoire
national des champs magnétiques pulsés, le PHYMAT.
|